La concertation, l’objectivation et l’évaluation des 40 kilomètres de pistes cyclables supplémentaires à Bruxelles

Relever le défi de la mobilité à Bruxelles à coup de blocs de béton et barrières Nadar n’est pas la meilleure méthode pour résoudre un problème aussi complexe et sensible.

Il nous faut une méthode qui mette les usagers en confiance. Elle repose sur le principes de transparence, d’objectivation et de concertation chers à tous les décideurs ? Appliquons les réellement !

Une ville apaisée oui, mais à condition que les usagers le soient également.

Demande d’explications de M. Marc LOEWENSTEIN, Député bruxellois DéFI, à Mme Elke VAN DEN BRANDT, Ministre, chargée des Travaux publics, de la Mobilité et de la Sécurité routière.

Concerne : La concertation, l’objectivation et l’évaluation des 40 kilomètres de pistes cyclables supplémentaires à Bruxelles

Depuis le confinement et dans l’objectif d’encourager le recours au vélo pour se déplacer dans Bruxelles, vous avez pris l’initiative de développer 40 kilomètres de nouvelles pistes cyclables dans Bruxelles. Si certains tronçons faisaient déjà l’objet de projets d’aménagements définitifs à venir, ce n’étaient pas le cas de toutes les voiries concernées. Quoi qu’il en soit, ces aménagements restent temporaires dans la mesure où la signalisation l’est et, bien entendu, qu’aucun permis d’urbanisme n’a, à ma connaissance, encore été délivré pour les rendre pérennes.

En réponse à ma question écrite n°382, vous me communiquiez notamment le détail des aménagements prévus sur chacune des voiries concernées par votre projet. Pour rappel, les voiries concernées par le projet sont les suivantes : Belliard, Congo, Demot, Général Jacques, Groeninckx de May, La Hulpe-Delleur, Lambermont, Loi, Louise (rond-point), Louise (avenue), Lloyd George, Mettewie, De Smet De Naeyer, Parkway E40, Sylvain Dupuis, Vilvorde, Tervuren et Louis Schmidt. Quant aux aménagements temporaires, ils sont constitués de panneaux de signalisation, d’un marquage au sol ou encore de « New Jersey » (blocs séparant la piste du reste de la voirie).

Dans une interview de rentrée donnée à BX1+, vous précisiez que 30-35 kilomètres sur les 40 prévus étaient réalisés, que des discussions étaient encore pendantes sur les kilomètres restant avec les communes concernées.

Avant les congés d’été, vous aviez été interrogée sur certains de ces aménagements. Pour ma part, s’il est bien entendu important de prévoir davantage d’infrastructures cyclables sécurisées pour les cyclistes, j’avais déjà insisté sur la nécessité d’objectiver, d’évaluer et de bien concerter la population et les commerçants qui ne peuvent pas être mis sur le fait accompli. Si certains aménagements étaient installés sans tenir compte au préalable de cette objectivation et de cette concertation, vous étiez, il me semble, sensible à cette demande légitime d’apporter davantage de dialogue et de transparence à ce processus. C’est une manière de créer davantage d’adhésion dans la population.

Je vous avais à l’époque interrogé sur le boulevard Sylvain Dupuis. Nous avons appris mardi dernier que le Collège Anderlechtois vous avait demandé, à l’unanimité de ses membres, de revenir sur l’aménagement réalisé et proposer des alternatives. De l’autre côté de la Ville et au même moment, la commune de Woluwé-Saint-Pierre est également revenue vers vous afin de revoir les plans de l’avenue de Tervuren. Dans un autre registre, le conseil communal de Watermael-Boitsfort a voté une motion demandant de revenir sur l’aménagement à Delleur et rénover en urgence la piste cyclable existante.

L’été étant maintenant derrière nous, si, outre ces changements à la demande des communes précitées, les aménagements resteront probablement en place jusqu’à la fin de l’année, il importe, je le répète parce que c’est important, d’objectiver, d’évaluer et de concerter (à tout le moins pour l’avenir).

Ma demande d’explication visera à vous interroger sur les points suivants :

  • Quelles actions avez-vous entreprises pour objectiver ces aménagements temporaires ? Je n’ai pas le souvenir de comptages ou de mesures a priori de la qualité de l’air. Y’en a-t-il eu ? Des telles actions ont-elles été réalisées depuis lors ? Dans l’affirmative, des conclusions peuvent-elles en être déjà tirées ? Comment prévoir une objectivation sans données collectées avant la réalisation de l’aménagement temporaire ?
  • Des reports de charge sur des itinéraires parallèles ont-ils été constatés depuis la mise en place de ces aménagements de pistes cyclables supplémentaires ? Si oui, où et quelles sont les mesures qui ont été prises pour y répondre ?
  • Comment prévoyez-vous de réaliser l’évaluation de ces 40 kilomètres de pistes cyclables ? Quelle sera la méthodologie utilisée ? Les communes, les riverains et les usagers seront-ils impliqués dans cette évaluation ?
  • Quid, au-delà, de cette évaluation, de la concertation avec les riverains et les commerces impactés ? Quelles initiatives ont été prises afin de les informer au mieux et de récolter leurs avis ? Pour quelles voiries des consultations ont-elles été organisées ?
  • Vous avez précisé début septembre qu’il restait 5 à 10 kilomètres de pistes à aménager sur les 40 kilomètres annoncés au printemps. Pourriez-vous préciser les voiries concernées et l’état de la situation pour chacune d’elles ?
  • Enfin, pourriez-vous m’éclairer sur les suites apportées aux actions des communes d’Anderlecht et de Woluwé-Saint-Pierre ainsi qu’à la motion du conseil communal de Watermael-Boitsfort ?

Marc LOEWENSTEIN


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